Les trois jours précédent, vous avez-pu voir un tryptique issu d'une célèbre photographie de Jack Delano, prise en 1943 au sein de la gare de Chicago Union.

L'image originale représente une vue d'une salle des pas perdus, dans une gare. Aux Etats-Unis.

Deux policiers en uniforme stationnent dans une tache de lumière projetée par le vitrail de la gare, baignant également le reste de la scène. L'un d'entre eux les bras croisés, le regard tourné vers le spectateur. L'autre de profil, les mains dans le dos, tenant un objet eclairé par le reflet du soleil sur le sol. Sur la gauche, un panneau titrant "Dont Waste Transportation" eg. "ne transformez pas pas les moyens de transport en déchets" est situé juste derrière un troisième policier en uniforme, sur la gauche, sous un lampadaire éteint.

Derrière les policiers, deux échopes sont ouvertes, l'une titrant "... Harvey Cafeteria" (vraissemblablement Fred Harvey), l'autre "Parmalee Limousines", firme aujourd'hui connue sous le nom de "Continental Airport Express". Parmalee était la société chargée de convoyer les bagages d'une gare à l'autre. Une SERNAM Etats-Uniennes, en quelque sorte.

Devant ces enseignes, plusieurs bancs sur lesquels stationnent des voyageurs en costume. On peut y voir un jeune homme en blazer sans chapeau, trois élégantes demoiselles en jupe discutant ensemble -- l'une d'entre elle la tête tourné vers le photographe --, un homme élégant concentré sur sa lecture, et un officier militaire en képi. Derrière les bancs, on discerne le képi d'un quatrième policier en uniforme.
Sur la droite de l'image, trois hommes debout semblent discuter en observant les allées et venues.
On discerne alors un homme coiffé d'un Stetson qui transporte un sac, la main à sa poche, marche le long des bancs, tournant le dos à l'observateur et regardant dans la direction du policier du fond du hall.

La lumière issue de l'exterieur innonde la vue, c'est le personnage principal de la scène. Les personnages secondaires étant les policiers à contre jour, baignés par cette lumière divine. Leur visage est indiscernable.
Vérité, transmission.

Les forces de maintient de l'ordre sont omniprésentes, armée et police : ombres chinoises au premier plan, policier au journal à gauche, policier du fond du hall, et officier assis.
Sécurité.

Rien ne semble devoir troubler la quiétude de ce lieu, sauf le mouvement de l'homme au Stetson, marchant vers le fond ; observé par le jeune homme au blazer et l'une de ses voisine tournée vers nous. Cette dernière porte une auréole, formée par un autre lampadaire éteint, très au dessus de sa tête.
Vigilance.

Ce mouvement quasi imperceptible, disparait dans la pénombre du lieu ; il n'est perçu -- par l'observateur -- que dans un second coup d'oeil détaillant la scène.

Nous sommes en 1943. Un peu plus d'un an après q'un officier expérimentant une nouvelle invention nommée R.A.D.A.R. signale un groupe d'objets inconnus au large des côtes de Pearl Harbour. Il n'a pas été cru ; cela infligera un défaite humaine et militaire terrible aux Etats-Unis et les plongera dans la seconde guerre mondiale.
Comme pour exorciser cet évènement, une collection de modèles réduits d'avions Etats-Uniens forme une armada, au plafond de la gare[1].
En cette époque, la gare de Chicago Union est un point de passage obligé pour les militaires engagés, en route vers leur différentes bases[2].

This work is in the public domain in the United States because it is a work of the United States Federal Government under the terms of Title 17, Chapter 1, Section 105 of the US Code.
Cette image est disponible librement, car faisant partie des archives du gouvernement des Etats-Unis, et est à ce titre dans le domaine public.

On peut voir des images plus moderne du hall de la gare http://www.trainweb.org/.../22102AChicago.html
ou
http://www.ocf.berkeley.edu/~cmelanie/Chicago40.jpg

Références :
[1] Du même auteur. Je n'ai pas trouvé l'originale sur le site US.GOV, mais il doit bien être possible de demander les références à l'auteur du billet du Blog :)
[2] During the early 1940s, as many as three hundred trains and 100,000 passengers passed through the station each day. A significant percentage of those passengers were American service personnel en route to one of the hundreds of military bases across the country. Source : http://chicago.urban-history.org/sites/transpor/union_1.htm